
Encadré : Sullivan Lord est un touche à tout : participant à des magazines occultes ou imaginaires, il publie son premier texte pro à seize ans. Il a travaillé dans l'audiovisuel, la télévision et l'animation radio. Il est le nouvel auteur de romans vampiriques contemporains à découvrir absolument.

SF Mag : en tant que jeune auteur, t'a-t'il été difficile d'être publié ?
Sullivan Lord : Ce fut sans doute plus difficile pour moi qu'un auteur qui se fait pistonner car il connait quelqu'un qui connait quelqu'un. En fait, j'ai fait le tour des maisons d'édition, mais à l'époque, aucune d'entre elles ne lançaient de jeunes auteurs comme c'est le cas aujourd'hui. Alors je me suis décidé à me débrouiller tout seul et le plus drôle, c'est que ça a marché. Elégie pour un vampire à même échoué dans le top 10 des meilleurs romans vampiriques aux côtés de Stoker, Rice et atheson pas plus tard que l'année dernière.
SF Mag : Ton roman Elégie pour un vampire a reçu un prix spécial. Est-ce que cela à bouleversé ta vie ?
En fait, j'ai reçu ce prix peu de temps après avoir terminé la rédaction de ce roman. Du coup, j'ai bénéficié du quart d'heure de gloire à la Andy Warhol. A ce moment précis, je me suis dit quqelque chose comme : ma carrière commence ! L'avantage, c'est que cela m'a permis d'ouvrir les yeux sur le milieu de l'édition. Ce n'est pas parce vous avez un prix que les portes s'ouvrent. Cela ne change strictement rien.
SF Mag : Est-ce que cela t'a ouvert les portes de l'édition ?
Mon style semblait trop atypique pour intéresser une quelconque maison d'édition. Qui plus est, je me trouvais dans un créneau très dangereux, à savoir celui du fantastique. Plus tard, lorsque Maurice G Dantec m'a écrit un mot de félicitations concernant Elégie pour un Vampire, j'ai révisé ma copie. J'ai fini par me résoudre à écrire des choses atypiques, à jouer sur mon originalité plutôt que de suivre une quelconque mode. Je pense que c'est la seule clé pour rester dans l'esprit des lecteurs. Avec Les Saigneurs Cardinaux, je pense avoir gravi un échelon supérieur.
SF Mag : Ton dernier roman Utopia vient de sortir. Peux-tu nous en dire plus ?
Utopia est une oeuvre inclassable, à mi-chemin entre le roman utopique, le thriller survitaminé et la science-fiction de Phil K Dick. Je me suis beaucoup amusé à l'écrire et j'espère que les lecteurs l'apprécieront beaucoup. Cela dit, je n'écris pas des romans pour faire bouillir le cerveau de mes lecteurs, mais plutôt pour les divertir. S'ils passent un bon moment en compagnie d'un de mes romans, j'en suis ravi. Je n'en demande pas davantage.

SF Mag : Penses-tu que les jeunes auteurs de l'imaginaire sont dans une période favorable à la création ?
C'est difficile à dire. D'un côté, les maisons d'édition classiques spécialisées dans la SF ne prennent aucun risque et ne publient que des auteurs américains. De l'autre, de jeunes maisons d'édition misent sur de nouveaux auteurs francophones et il faut les saluer. Cela étant, il faudra attendre encore quelques années avant de se prononcer vraiment sur le sort des romanciers à proprement parler. On ne peut parler d'oeuvre littéraire qu'à partir du moment ou quelqu'un a déjà écrit un certain nombre de livres. Transformer un livre en best-seller ne signifie plus grand chose. Tout est relatif.
SF Mag : Te sens-tu appartenir à une génération d'écrivains ?
De part mes passions, je fais partie de ces auteurs qui viennent du milieu du jeu de rôle. C'est le JdR qui m'a permis de découvrir des pointures telles que HP Lovecraft ou Mike Moorcock. Ce loisir m'a également donné le goût de créer des mondes, de ciseler des personnages, de conter des histoires. Maintenant, je n'appartiens pas vraiment à une famille proprement dite. Je reste un indépendant et en cela, j'occupe une position totalement marginale. Je n'ai pas de directeur de collection qui risque de censurer un passage de mes livres ou d'interdire l'une de mes couvertures. Je travaille en marge du système.
SF Mag : On te compare souvent à Stoker ou Rice... Crois-tu que les français sont incapables d'écrire de bons romans vampiriques ?
On m'a comparé à ces deux figures marquantes parce qu'elles sont l'essence même du genre. Stoker à posé le mythe et Rice a ajouté une pointe de psychologie. Grâce à elle, on entrait carrément dans la tête des vampires. Maintenant, je pense que je n'ai plus besoin de faire mes preuves. Certains de mes lecteurs ont lâché Rice pour suivre les aventures de mes personnages, c'est tout dire.
SF Mag : As-tu un roman français (de SF ou de Fantasy) récent que tu as particulièrement aimé et pourquoi ?
Je vais encore me faire taper sur les doigts car je ne lis absolument plus d'Heroic Fantasy depuis belle lurette. Je me suis assoupi en lisant Tolkien, réveillé grâce à Moorcock et puis j'ai assez soupé du Jeu de Rôle Advanced Donjons et Dragons pendant mes années d'adolescence. Le dernier roman de SF qui m'a plu ? A part de vieux titres de K Dick, je n'ai rien lu de récent. Désolé.

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