Voici une petite interview accordée à Sabine Moreau du magazine D-Side au moment de la parution du roman les Saigneurs Cardinaux.

Peux-tu nous présenter en quelques mots ta trilogie vampirique et plus précisément "les Saigneurs cardinaux " ?
Les Saigneurs Cardinaux reprend plusieurs personnages de mon roman précédent, à savoir Elégie pour un vampire. Quoique romantique et lyrique, c'est un roman plus violent, plus rythmé, d'où le jeu de mot sur l'orthographe de « seigneurs ». Dans ce nouvel opus, Opale et Jébédiah, deux immortels, tentent de rejoindre Charles Ruthwen afin de l'embrigader pour assassiner Laéticia Bastet, l'impératrice vampirique. Le troisième et dernier tome s'intitulera « Le règne des immortels ». Chacun des romans du triptyque peut se lire indépendamment, le seul point commun étant l'écoulement du sablier entre chaque tome.
 
Comment t'est venue l'idée d'utiliser les prédictions de Nostradamus pour asseoir ton univers ?
Il y a quelques années, j'ai rencontré un spécialiste de la question dans un dîner sur Paname. Ses paroles m'ont suffisamment intrigué pour que je m'intéresse au sujet et me lance dans l'étude des Centuries. N'en déplaise à certains, Nostradamus était un véritable visionnaire. Ensuite, je me suis demandé ce qui se serait passé si ce prophète était tombé sous la coupe d'une poignée de vampires. 

On te compare à Anne Rice, notamment du fait d'une approche parallèle du mythe vampirique. Que t'inspire cette comparaison ?
Ce rapprochement me fait généralement plaisir. Après tout, c'est elle qui a réinventé le mythe vampirique en y incluant une certaine dose de psychologie. Pour la première fois, on découvrait la vie des monstres de l'intérieur. Maintenant, notre vision du mythe est radicalement différente. Une créature qui peut survivre pendant des siècles aux dépens des autres ne peut être qu'ignoble. Et même si certains de mes vampires conservent une once de romantisme, tel Charles Ruthwen, ce sont avant tout des prédateurs. 

Tes personnages sont tous dotés d'une forte personnalité, même lorsqu'ils occupent un second rôle (Tom, Jebediah...). Comment se sont-ils imposés à toi et quel est ton préféré ?
Ça c'est une question piège à laquelle je ne peux répondre car dans mes romans, chaque personnage est susceptible de trépasser. Si j'avais un personnage préféré, je le garderais forcément en vie et je trahirais ma façon de concevoir mes histoires qui se doivent de rester surprenantes. En fait, je construis tous mes personnages avec la même attention, le même soucis du détail.
 
Peux-tu nous parler de "Utopia", le roman sur lequel tu travailles actuellement ?
Avec Utopia, j'ai l'intention de rendre hommage à des écrivains comme Huxley ou K.Dick qui demeure l'un de mes maîtres à penser. Ce sera un roman plus court que d'habitude, mais tout aussi captivant, une oeuvre atypique et inclassable, à mi-chemin entre le thriller survitaminé et la métaphysique.