Pourquoi ai-je écris tel ou tel roman ? Pourquoi ne pas avoir utilisé de vieilles astuces scénaristiques et avoir réécrit le même livre quinze fois de suite ? Voici quelques éléments de réponse...  

ELEGIE POUR UN VAMPIRE

Elégie pour un vampire est un roman vampirique « classique ». Ce roman narre l'histoire d'un vampire âgé de cinq cent ans qui se retrouve au milieu d'un chassé-croisé entre la Police, un groupe d'inquisiteurs et la sensuelle Mélanie Leroy, une artiste peintre de toute beauté. C'est un roman classique car sa trame et son style le rapprochent d'œuvres tels que le Dracula de Stoker. A l'époque, les critiques m'ont assimilés à Stoker pour le style romantique et à Anne Rice pour la psychologie extrêmement fouillée des personnages. Mais la comparaison s'arrête là car nos visions diffèrent totalement. Et si je ne révolutionne pas le genre, disons que j'innove de bien des manières, notamment en créant un contexte politique différent du nôtre, en ajoutant de l'humour (noir, bien souvent) et en travaillant la psychologie des personnages à tel point qu'ils en deviennent touchants (ce n'est pas moi qui le dit mais les critiques). A l'époque le magazine Elegy à dit de ce bouquin qu'il recelait « des scènes d'anthologie macabres voire humoristiques » et je pense que c'est effectivement le cas. Etant donné que ce roman pose le cadre et les personnage de mon univers vampirique, l'action ne débute vraiment qu'au cinquième chapitre. Cependant, et en règle générale, les lecteurs ne lâchent plus le roman jusqu'à la fin.

LES SAIGNEURS CARDINAUX

Avec les Saigneurs Cardinaux, je  tranche purement et simplement la plupart des clichés vampiriques classiques en livrant un authentique thriller plein de rebondissements. Si Elégie pour un vampire était un roman purement lyrique et romantique, ce nouvel opus possède une facture plus moderne. Le style demeure ouvragé, mais il est plus accessible, dirons-nous. Au passage, notez qu'il n'y a aucune référence à Tolkien, les Seigneurs Cardinaux étant des vampires dont la puissance est telle qu'on les associe aux points cardinaux. Le terme « Saigneur » n'est donc qu'un jeu de mot sur celui qui saigne ses victimes. Cette fois-ci, il s'agit d'un roman plus noir, plus violent et plus viscéral que le premier puisque l'affrontement des seigneurs Cardinaux, héritiers de la malédiction vampirique originale, vient de débuter. Plusieurs personnages d'Elégie reviennent mais de nouveaux protagonistes prennent place, ce qui fait de ce roman un ouvrage qu'on peut lire indépendamment. Les scènes, qu'il s'agisse de violence ou de sexe, sont plus crues, plus sordides mais l'humour et la sensualité perdurent malgré tout. L'action débute dès le premier chapitre et ne se conclut qu'aux toutes dernières pages. Si Maurice G Dantec avait dit en lisant Elégie qu'un écrivain était né (suprême honneur qui me fait regarder les envieux et les jaloux de très loin), Les Saigneurs marquent les débuts, je pense, d'une certaine maturité littéraire.

UTOPIA, PENSER NUIT GRAVEMENT A LA SANTE

Utopia (Penser nuit gravement à la santé) est le roman du changement. Rappelons que je venais d'écrire environ 600 pages sur le thème du vampire. Du coup, j'avais envie de réagir aux idioties de notre société actuelle (la TV réalité, la manipulation des mass médias, la destruction de l'écosystème...) et quoi de mieux qu'un roman d'anticipation ? Histoire de trancher avec mes pavés précédents, je me suis décidé à écrire un roman plus court mais tout aussi passionnant (du moins, je l'espère) et avec de multiples rebondissements comme je les affectionne. Je change également de style. Certes, cela reste du Sullivan Lord mais c'est plus fluide et c'est entièrement volontaire. Dans cette société mécanisée ou les individus portent des numéros, tout doit aller vite. Les personnages mangent vite, travaillent vite, regardent leurs programmes de TV réalité en quatrième vitesse et s'endorment sur commande. Le roman devait donc filer comme la journée d'un de ces citoyens modèles. Si le roman narre les aventure de 451 (hommage délibéré au livre de Ray Bradbury), je rend aussi hommage à Phil K Dick. Le résultat, c'est (je pense) une œuvre drôle et décalée ou le monde tel que nous le connaissons n'existe plus mais ou finalement, les choses sont toujours identiques. Bien évidemment, le propos métaphysique n'est là qu'en filigrane, l'important demeure les péripéties d'un héros prisonnier entre sa soumission au système et son amour pour Eléa, une rebelle prête à tout pour abattre la société dans laquelle elle vit. Notre héros, quant à lui, est volontairement candide puisqu'il s'agit d'un pur produit de la société actuelle. Prochain ouvrage, mon troisième et dernier roman vampirique (retour aux sources, quoi).